Rétrospective Wim Wenders (1ère partie)

Rétrospective Wim Wenders (1ère partie)

Large rétrospective consacrée au cinéaste allemand avec la projection de Der Stand der Dinge, en sa présence.

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Wim Wenders

Né en 1945 à Düsseldorf. Quiconque grandit dans l’Allemagne de l’Ouest de l’après-guerre et possède un sens des images et de la langue, hérite de ruines et de blessures. Quiconque grandit à cet endroit à cette époque, vit dans des paysages urbains en partie encore bombardés ou reconstruits à la hâte et parle une langue encore marquée par le vocabulaire nazi, qui, comme les villes, doit guérir. Mais celui qui grandit ainsi vit aussi avec les images des écrans, les sons de la radio et une bande-son qui vient d’ailleurs; des images et des sons qui ouvrent un vaste horizon et laissent place au désir; des images et des sons qui viennent d’Amérique.

Wim Wenders, peut-être plus que tout autre artiste de l’après-guerre, a su trouver une forme pour exprimer cette condition. Der amerikanische Freund (L’Ami américain), incarné par Dennis Hopper, réalisateur et star d’Easy Rider, est un personnage qui offre une clé de lecture de l’œuvre de Wenders. Au départ, simple incarnation, parmi tant d’autres au cinéma, du roman éponyme de Patricia Highsmith, Ripley, ce marchand d’art charismatique et escroc, devient chez Wenders un symbole du pouvoir de séduction de la culture populaire américaine. Et c'est peut-être précisément parce qu'il s'agit de la réalité d'après-guerre, à laquelle le monde entier avait finalement pris part, que la forme que Wenders a trouvée pour décrire la réalité allemande d'après-guerre n'est pas restée cantonnée au niveau local.

Si les films de Wenders ont également rencontré un grand succès en Amérique du Sud ou au Japon, c’est parce que ses expressions sont transposables et sont entrées dans le cinéma mondial, tout comme auparavant la littérature universelle (terme de Christoph Martin Wieland) venue d’Allemagne. Dès le tout début de sa carrière, Wenders s’était d’ailleurs associé à un poète, Peter Handke, co-auteur notamment du scénario de son film peut-être le plus célèbre, Der Himmel über Berlin (Les Ailes du désir). Handke, tout comme Paul Celan, n’était pas originaire d’Allemagne (Celan venait de Bucovine, aujourd’hui en Ukraine, Handke de Carinthie, en Autriche); à l’instar de ce dernier, il a réfuté l’affirmation d’Adorno selon laquelle il ne pouvait plus y avoir de poésie en langue allemande après Auschwitz. Si Wenders s’est inspiré de Handke à des moments clés de son œuvre, c’est aussi parce que, dans les œuvres de ce dernier, la langue allemande a trouvé une nouvelle vie après le nazisme et que la poésie y a trouvé un avenir.

Si l’on devait réduire la contribution de Wenders à ce cinéma mondial à des catégories génériques, ce sont surtout deux genres qu’il a réinterprétés de manière pertinente, au-delà de formule toute faite: le road movie – Im Lauf der Zeit (Au fil du temps) et Paris, Texas – et le portrait d’artiste – de Nick's Movie (Lightning Over Water), hommage de Wenders à Nicholas Ray, à Tokyo-Ga, portrait de la ville de Tokyo qui est surtout un hommage à Ozu, en passant par Pina, un film en 3D consacré à la plus grande chorégraphe de théâtre dansé du 20e siècle, Pina Bausch. Notre hommage permettra de découvrir à quel point les innovations formelles de Wenders parlent toujours de notre condition de vie au 21e siècle.

Vinzenz Hediger

Biographie(s)

Wim Wenders

Wim Wenders

Né à Düsseldorf en 1945. Après ses études secondaires, il s’installe à Paris en 1966, rêvant de devenir peintre, mais passe son temps à la Cinémathèque française où il regarde des centaines de films, dont la plupart sont présentés par Henri Langlois. Il intègre ensuite la Hochschule für Fernsehen und Film de Munich (HFF) et participe au foisonnement du Nouveau cinéma allemand dans les années 1970, dont il est l’un des principaux représentants. La consécration vient avec Paris, Texas (1984) qui remporte la Palme d'or à Cannes. Suivront des films aussi connus que Der Himmel über Berlin (Les Ailes du désir, 1987), Don't Come Knocking (2005), Buena Vista Social Club (1999) ou Perfect Days (2023). Egalement photographe, ses clichés de paysages désolés évoquent les thèmes de la mémoire, du temps et du mouvement.

Evénement(s)

Masterclass Wim Wenders à l’ECAL

Lundi 5 octobre à 18:00

En collaboration avec

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