La Nuit des femmes

Retour sur nos pas (2022–2023)

Cinémadeleine (mars-avril)

La Nuit des femmes

(Onna bakari no yoru)

Japon · 1961 · 93' · v.o. s-t fr. · DC 14 (16)

De Kinuyo Tanaka

Avec Chisako Hara, Akemi Kita, Yosuke Natsuki

Séance avec présentation. Copie restaurée numérique.
En raison de lois conservatrices adoptées par le Japon à la fin des années 1950, la jeune Kuniko, ancienne prostituée, doit se réinsérer dans la société et trouve un emploi dans une épicerie à Tokyo. Lorsque son passé est découvert, elle subit les regards soupçonneux et hostiles de ses voisins et de ses clients... A travers la trajectoire de cette femme, «Tanaka s’attache à estomper la frontière morale établie socialement entre les femmes ‹légitimes› et celles qui font commerce de leur corps. Surtout, elle désigne le fait même de la prostitution comme le produit du regard avilissant que les hommes posent sur les femmes. L’amour est cette déviation du regard qui engage la personne au-delà d’elle-même, et dont Kuniko prendra le risque à ses dépens» (Mathieu Macheret, Le Monde, 2021).

Séance(s)

Ve 24 mai 2024 CAP 2 17:30 Me 29 mai 2024 CAP 1 20:30 Je 16 avril 2026 CAP 2 14:30

Evénement

Soirée spéciale avec La Nuit des femmes

Pour ouvrir sa rétrospective consacrée à Kinuyo Tanaka, la Cinémathèque suisse propose une soirée spéciale avec la projection, le 4 mai à 20h30 à Paderewski, de La Nuit des femmes, sorti en 1961. Ce long métrage est particulièrement emblématique de motifs et de thèmes chers à la cinéaste depuis le début de sa carrière de metteuse en scène. Comme la plupart de ses autres films, il se penche sur une figure de femme aspirant à une véritable liberté et dépeinte tout en nuances. Il interroge également les normes morales en vigueur au Japon dans les années 1950 en s’intéressant à la question de la prostitution et au regard empreint de négativité porté sur cette activité. Cet avant-dernier film de la réalisatrice constitue une de ses créations les plus abouties: il marie en effet une grande maîtrise technique avec des audaces formelles inspirées des nouvelles vagues européennes et inscrit pleinement la cinéaste dans les changements esthétiques de son temps. Il constitue ainsi le point culminant de la carrière d’une créatrice trop longtemps laissée dans l’ombre, alliant un propos sombre teinté de critique sociale à une fraîcheur résolument moderne.

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