40 ans Compagnie Philippe Saire

40 ans Compagnie Philippe Saire

Les 40 ans de la Compagnie Philippe Saire avec des projections et des rencontres.

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40 ans de la Compagnie Philippe Saire

Le mardi 28 avril à 19h, la Cinémathèque suisse célèbre les 40 ans de la Compagnie Philippe Saire lors d'une soirée de projections et de rencontres.

En 1986, je présentais ma première chorégraphie à l’Opéra de Lausanne, « Encore Torride ». Je rentrais d’une année de travail comme danseur dans plusieurs compagnies de danse à Paris, et m’étais dit qu’il y avait des choses à développer, en Suisse, dans ma ville de Lausanne, que d’excellents danseurs et danseuses s’y trouvaient, de réelles forces vives, et que tout y était à construire pour la danse contemporaine.

40 ans plus tard, je me retourne aujourd’hui sur ce long parcours fait d’un grand nombre de chorégraphies, de performances in situ, de films, de mises en scène. Tout cela en parallèle de la création du Théâtre Sévelin 36, de la mise en place de plusieurs associations professionnelles, de l’enseignement aux comédiens à la Manufacture et aux Teintureries. 40 années pour le moins bien remplies, et une foi toujours présente dans la nécessité du spectacle vivant pour nous aider à donner du sens. Ce parcours, je ne l’ai pas fait seul. C’est aussi là l’occasion de rendre hommage à tous les interprètes, venant de la danse ou du théâtre, qui m’ont fait confiance, à tous les artisans magiques de la musique, de la scénographie, des costumes, à toutes les équipes administratives et techniques, à tout ce monde de l’ombre sans lequel rien ne serait possible. 

 Je me rends compte aussi que le moteur de cette longévité, ou de cette obstination c’est selon, c’est un besoin constant de me renouveler, de découvrir de nouveaux univers, de nouvelles pistes. Duras, sur laquelle j’ai fait un spectacle, disait : si je savais ce que j’allais écrire, pourquoi l’écrire ? Cette maxime m’a toujours accompagné. Elle a fait qu’après des spectacles tirés de thématiques, ou de la littérature, je me suis ensuite tourné vers des dispositifs scéniques à l’origine des chorégraphies. Que je suis revenu vers mes premières attirances, vers le théâtre en me mettant à la mise en scène, et en explorant des ponts entre le texte et le corps. Que j’ai voulu amener la danse en contact à la vie, à l’urbain, au paysage, dans la série des Cartographies. Que j’ai collaboré avec des réalisateurs pour en tirer de petits films, et que j’en ai réalisé moi-même plusieurs.

Mettant en place un théâtre dévolu à la danse, j’ai tenu à ce qu’il puisse contribuer à la danse d’une manière plus large qu’avec mes seuls projets. Histoire d’ouvrir encore le public au spectacle vivant dans la multiplicité de ses formes.   

Ce parcours, je ne l’ai pas fait seul. C’est aussi là l’occasion de rendre hommage à tous les interprètes, venant de la danse ou du théâtre, qui m’ont fait confiance, à tous les artisans magiques de la musique, de la scénographie, des costumes, à toutes les équipes administratives et techniques, à tout ce monde de l’ombre sans lequel rien ne serait possible.

Avec la Cinémathèque suisse, nous avons fait le choix de présenter quelques aspects de la diversité de mon travail : un film réalisé à partir d’un spectacle, Black Out, premier opus d’une série en cours autour de scénographies particulières. Une des onze Cartographies, La Boule d’Or, réalisée par Bruno Deville. Un nouveau film, Hadès, que je viens de réaliser autour d’une performance dans le parc de l’Hermitage. Et enfin, un film rétrospectif créé par Pierre-Yves Borgeaud, Bouger les cadres, mêlant extraits de spectacles et interview. 

Philippe Saire

En collaboration avec