
Rencontres 7e Art Lausanne
Derborence
Suisse, France · 1985 · 99' · DC 10 (10)
De Francis Reusser
Avec Isabel Otero, Jacques Penot, Maria Machado
Copie restaurée numérique. En présence du monteur Jean Reusser, du producteur Claude Stadelman, de la co-scénariste Christiane Grimm et de la cinéaste Emmanuelle de Riedmatten.
Fraîchement marié,Antoine monte dans les pâturages du hameau de Derborence, avec son vieil ami Séraphin, pour s’occuper des troupeaux pendant l’été. Lorsqu’un éboulement se produit, c’est le deuil au village. Deux mois plus tard, le jeune homme réapparaît... Adaptation du roman de C. F. Ramuz et tourné en partie sur les lieux même où s'est produite la catastrophe trois cents ans plus tôt, Derborence permet à Francis Reusser de se libérer «d’une certaine mauvaise conscience» face à la nature helvétique et d’exprimer la «jouissance des lieux, du territoire»: «Nous, les enfants du western, trouvons un souffle épique chez Ramuz. Il a été le premier écrivain qui nous permit d'aller dans la nature, à l'époque où tout le monde filmait son coin de rue» (Francis Reusser). César du meilleur film francophone en 1985.
Séance(s)
Evénement
R7AL: hommage à Francis Reusser
Mercredi 16 mars à 20:30
Le cinéaste Francis Reusser nous a quittés en avril 2020 et la pandémie nous a obligés à renoncer maintes fois à l’hommage que nous voulions lui rendre. La Cinémathèque suisse est aujourd’hui heureuse de présenter, dans le cadre des Rencontres 7e Art Lausanne, le dernier de ses films dont il a pu suivre la restauration numérique avec nous, et que nous avons eu l’occasion de présenter en première au Locarno Film Festival, Derborence.
Né en 1942 à Vevey, photographe de formation et politiquement très engagé, Francis Reusser est de tous les combats sociaux et culturels des années 1960. Toujours rebelle, dans ses propos comme dans ses films, il a été sans conteste l’un des témoins critiques de la fin du siècle dernier et du début de celui-ci, sans jamais oublier à la fois d’aimer râler, d’aimer filmer et d’aimer la vie.
Cinéaste des villes et de la révolution avec Vive la mort (1969) ou Le Grand Soir (1976), Reusser est aussi un auteur proche de la nature, du lac (Léman) qu’il filme magnifiquement dans Seuls (1981). Puis, il grimpe dans la montagne pour réaliser sa première adaptation d’un roman de C. F. Ramuz, ce lyrique Derborence (1985). Sélectionné en compétition au Festival de Cannes et lauréat du César du meilleur film francophone, ce long métrage allie la puis- sance d’un film de montagne à l’esprit frondeur d’une relecture moderne des classiques du passé.
Frédéric Maire